Ruche et Apiculture

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Création d’un petit rucher à Madagascar. PDF Imprimer Envoyer
( 13 Votes )
Écrit par Guyonnet Pierre   
Dimanche, 04 Avril 2010 14:20

Cet article fait suite au premier article "Projet apicole à madagascar" parru sur le site il y a deux mois ....

Cette action  devra apporter un peu de modernité dans la conduite des ruches malgaches ainsi que dans la récolte du miel. Elle apportera  un peu de richesse supplémentaire à des populations dans le besoin.

Par ricochets, les essaims sauvages seront sauvegardés et les déboisements sauvages liés à la collecte du miel minimisés.

 

madagascar Ce projet a vu le jour dans le gros bourg de Maroantsetra (voir site internet) situé  le Nord-est de Madagascar et plus particulièrement  dans la baie d’Antongil (voir site Internet)  et ce tout près du parc de Masoala en pleine forêt primaire. (Voir site Internet)

Maroantsetra est en réalité un petit port de commerce  prenant ses racines dans le delta du fleuve « Antenambalana »  qui se jette dans l’Océan indien.

Ce port  s’envase lentement un peu à la manière d’Aigues-Mortes  en  Camargue.

Tout autour peu de routes carrossables mais un aérodrome au bout du village qui le relie au reste de l’île et du monde.

 

Madagascar est en manque chronique de miel. Depuis la fin de la colonisation les quantités de miel et de cire produites ne font que diminuer d’une année sur l’autre alors qu’autrefois l’île exportait. C’est volontairement que je n’entre pas plus en profondeur dans le sujet car  il suffit de rechercher les nombreux écrits qui existent sur ce sujet.

Dans toute la région de Maroantsetra de petits apiculteurs traditionnels exploitent au vrai sens du mot les abeilles qui vivent de façon sauvage en forêt primaire ou dans des ruchers dérisoires implantés autour des maisons.

Les quantités de miel produites sont insignifiantes par rapport à l’immensité des lieux.

D’après mes recherches une ruche en produisant presque toute l’année donne environ 2 à 3 litres de miel. Lorsque la  récolte est mauvaise l’apiculteur récolte un peu de miel et une partie des  gâteaux contenant du couvain  ce qui lui procure  des protéines.

 

ruche traditionelleL’apiculteur traditionnel utilise ce qui lui tombe sous la main pour confectionner  une ruche : une vieille caisse, un morceau de tronc creux, un bout de tôle, etc.… qu’il place à l’abri de la pluie et des vents.

Dans le village les ruches se situent autour des maisons pour éviter le vol.

Elles sont placées très souvent sur un compost recevant divers débris végétaux. Il sert à  fabriquer du  terreau qui améliorera les terres sableuses du village.

En brousse elles se situent sous couvert au pied des grands arbres. Il ne faut pas oublier qu’il pleut beaucoup dans cette région et qu’il existe une saison à cyclones. Pas  très ravageurs mais cyclones tout de même.

 

riviere madagascarD’autres apiculteurs vivant dans les villages reculés travaillent plus en forêt. Ils installent comme les autres, de petites  caisses servant d’abris mais le plus souvent connaissant parfaitement la forêt  pillent les essaims vivant au creux d’arbres centenaires. En tombant l’arbre abime d’autres arbres plus jeunes autour de lui. La déforestation

est alors en marche, un magnifique essaim sauvage vient de disparaitre et la biodiversité s’ampute tout doucement d’éléments uniques comme cette abeille malgache  très petite, toute noire et très essaimeuse.

 

enfumage traditionnelLa récolte classique s’effectue après enfumage (voir diaporama) et  sans autre forme de procès en enlevant en toute quiétude une bonne partie des pains de miel.

J’ai souvent entendu dire  là-bas : « On peut prendre tout puisque les abeilles  travaillent toute l’année ».

On peut discuter des heures sur ce sujet, rien n’y fait. Il faut récolter coûte que coûte,  le plus possible, sans penser au lendemain.

Le respect de l’abeille est inconnu  car tout le monde ici cherche à survivre, l’abeille n’étant qu’un insecte parmi tant d’autres.

Ce même phénomène se reproduit au niveau des coupes d’arbres d’essences rares, et de toutes les ressources de cette merveilleuse île livrée à des pillages internationaux.

Parallèlement et pour  la sauvegarde de l’abeille malgache une évidence s’impose ; s’atteler sérieusement au reboisement de l’île en général.

 

Maintenant  revenons  à l’action  que je débute  auprès de futurs apiculteurs malgaches.

 

Volontairement,  j’ai choisi d’aider directement six  personnes très précisément.

Aucun d’entre eux n’est vraiment apiculteur et chacun possède un petit emploi au sein d’une ONG locale de sauvegarde environnementale. Pourquoi ?

L’aide ne peut pas et surtout ne doit pas être apportée de façon permanente.

Ces personnes doivent rapidement s’autofinancer ou rembourser un microcrédit nécessaire à tout développement d’activité.

D’autre part ils ne doivent pas conserver les mêmes habitudes que leurs anciens mais  au contraire s’ouvrir un peu à d’autres techniques un peu plus élaborées, plus salvatrices pour l’abeille et d’une meilleure rentabilité.

Mais, néanmoins, tous connaissent l’abeille, le travail de la ruche, car petits ils aidaient leurs parents à récolter miel et cire.

Dans le but de  concrétiser et de matérialiser notre « action » nous avons créé une Association malgache répondant au nom de « ANTELIN’ANTONGIL/L’ABEILLE d’ANTONGIL , soit au total 6 personnes qui possèderont chacune 2 ruches pour débuter.

Le choix d’une ruche de type Warré s’est imposé à moi pour plusieurs raisons :

La première,  elle ressemble étrangement à certaines ruches malgaches confectionnées dans des caisses.

Les petites dimensions intérieures 30x30x21 de la Warré la font ressembler aussi à l’espace que les abeilles utilisent  en forêt dans certains arbres  creux. Cette abeille vit souvent dans des espaces restreints. C’est peut-être une des raisons de son essaimage fréquent.

La conception de la Warré aussi permet une grande ventilation à l’intérieur de la ruche. Il ne faut pas oublier que lors de mon dernier séjour sur place la température était de 36 degrés avec une humidité de 100%

ruche warre en bois exotiqueSon  volume est intéressant aussi sur le plan des manipulations car il faudra l’amener à pied d’œuvre dans la forêt par monts et par vaux avec chaque fois des moyens de locomotion très réduits, si ce n’est la pirogue et le dos d’homme.

Sa manipulation au niveau de la formation de ces nouveaux apiculteurs sera très simple. Ils  pourront suivre l’évolution de l’essaim  au travers d’une vitre fixée à l’arrière et par conséquent agir le plus simplement du monde, rapidement, sans ouvrir la ruche pour exécuter les différents travaux.

Le matériau nécessaire à la construction de la ruche se trouve en grande quantité de partout dans cette zone. Les bois sont durs,  très résistants aux intempéries et presque imputrescibles.

Ici, dans la baie d’Antongil c’est le seul choix qui s’impose contrairement à d’autres régions.

 

Un seul problème surviendra rapidement lors du développement futur du rucher sera  le prix de fabrication d’une ruche.

Personne ici n’a l’habitude de payer pour créer une ruche. Son prix de revient  pourtant très bas représente  une somme pour Madagascar. Il existe des solutions pour baisser considérablement le coût de construction surtout au niveau de l’achat des bois. En effet un gros volume de bois provenant de saisies peut être utilisé ainsi que des bois de plus basse qualité, surtout dans les petites dimensions que nous utilisons. Mais ceci demande une nouvelle approche du sujet.

 

ruche warreLa construction d’une vraie ruche réclame aussi une certaine expérience et un savoir faire qu’il faut payer. Sur place nous avons maintenant un menuisier  capable d’en construire d’autres. Il n’attend même que ça ! Il faudra juste surveiller de près la qualité des finitions.

Je pense que le prix de construction d’une ruche ne fera pas reculer le développement de nos apiculteurs en herbe car si les choses se déroulent logiquement, une petite partie de la plus grosse quantité de miel récoltée permettra l’investissement d’une nouvelle ruche.

 

Le rucher dans cette région de Madagascar ne se présente pas de la façon classique que nous connaissons ici en France, soit  un rucher de plusieurs dizaines de ruches ou d’autres encore plus gros destinés à  la transhumance. Ici il y a des fleurs à toutes les saisons mais en petite quantité.

Donc le rucher sera disséminé sur des dizaines d’hectares et  reliera de cette façon un village à l’autre.

Certains points pourront supporter plus de ruches à cause de la floraison par exemple des manguiers, des litchis, etc. Il y a une énorme bande exploitable depuis Maroantsetra, en passant par Antalaviana, Tampolo, Ambanizana, Nandrahanana, et Navana.

 

 

En ce qui me concerne  j’utilise cette ruche dans ce cas de figure car je pense qu’elle est pour l’instant adaptée à ces futurs apiculteurs. Par la suite, bien entendu ils devront se familiariser avec  d’autres formes de ruches qui possèdent elles aussi leurs avantages.

A ce jour, étant encore seul à m’occuper de cette opération, je souhaite  coûte que coûte réussir ce Projet.

Aussi en avril je fais venir en France quelques semaines l’un des adhérents de l’Association car il est particulièrement sensible à la vie de cet insecte.

Il se familiarisera aux  diverses manipulations de la Warré.

Il retournera ensuite à Maroantsetra avec un petit bagage pratique en tête  qui devrait permettre de bien démarrer ce rucher.

 

Si certains apiculteurs français peuvent recevoir en France Augustin (Car ce monsieur  s’appelle Augustin SAROVY) quelques jours dans leurs ruchers……..

Lorsqu’on a une idée il faut nécessairement la porter jusqu’au bout, mais je souhaite aussi partager dans tous les sens du terme avec d’autres apiculteurs  cet engagement.

Depuis peu j’ai reçu avec joie quelques propositions d’aide grâce au site Internet de M. Courtois apiculteur en Rhône-Alpes.

Maintenant que les premières ruches sont construites je vais enfin pouvoir donner suite à ces offres sympathiques.

 

Ces ruches sont actuellement en cours de remplissage Elles sont disposées près de ruchers existants et attendent qu’un essaim vienne les habiter.

Là-bas il est difficile de « courir «  après les essaims vu la topographie des lieux. Si tout va bien je souhaite retourner à Maroantsetra en novembre pour leur apprendre à manipuler ces premières ruches.

A Madagascar jusqu’à ce jour il n’y avait  pas de maladies spécifiques sur les abeilles. Néanmoins, à la fin de mon séjour,  j’ai appris que le varroa en provenance de Chine  avait fait son apparition dans un coin de l’île. Il faudra à l’avenir devenir  vigilent.

Je tiens à la disposition des personnes intéressées  4 diaporamas, sur la construction des ruches, la situation géographique, etc.

P-E Guyonnet

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Commentaires  

 
# 12-04-2010 11:06
Bonjour,
je serais très intéressée de voir vos diaporamas. J'ai moi même le projet de me lancer dans l'apiculture. J'habite l'île de la Réunion. Mes connaissances en apiculture étant encore très limitées (je suis dans l'attente d'une formation avec la chambre d'agriculture), je ne vois pas comment vous aider dans votre projet. Toutefois si vous avez besoin d'un point de chute sur la Réunion, n'hésitez pas a me contacter.
cordialement,
coralie
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# billguyonnet 13-04-2010 16:02
Bonjour,
Je viens de lire votre demande. Pas de problème pour vous envoyer le diaporama, mais donnez-moi vos coordonnées ainsi que votre mail. Merci.Cordialement
Guyonnet
pierreguyonnet@wanad oo.fr
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# 28-04-2010 11:28
Bonjour,

je serais très intéressée sur la construction des ruches comme le modèle ci dessus.
Je souhaite vous rencontrer ici à Tanà, suivant votre planning au mois de novembre prochain, pour l'apprentissage à manipuler ce modèle de ruches.

Cordialement.
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# 28-04-2010 11:37
Suite à ce message et à l'autre envoyé par mail, je vais répondre à votre demande par mail.

Amicalement
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# 11-05-2010 17:39
Je prépare mon ninstallation sur le Nord cde MADA,où entre autre je voudrais créer avec une petite coop.apicole.A la R2UNION je suis déjà apiculteur avec une petite expérience.Pourquoi,ne pas collaborer? Transmettez,SVP mes coordonnées à CORALIE;merci d'avance.
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# 11-05-2010 18:08
Bonjour Alix,

je serai très intéressée de savoir comment tu pratiques l'apiculture a la Reunion. Tu peux me contacter a mon adresse
cordialement,
coralie

Citation en provenance du commentaire précédent de Alix L a REUNION :
Je prépare mon ninstallation sur le Nord cde MADA,où entre autre je voudrais créer avec une petite coop.apicole.A la R2UNION je suis déjà apiculteur avec une petite expérience.Pourquoi,ne pas collaborer? Transmettez,SVP mes coordonnées à CORALIE;merci d'avance.
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# 17-01-2011 23:48
Bonjour,

Madagascar à un gros potentiel pour l'apiculture et une chance énorme c'est d'avoir encore des abeilles saines, il est regrettable que l'apiculture ne se développe pas comme elle le devrait, sans doute par manque d'information et de formation des jeunes, je connais bien ce problème pour l'avoir vécu car j'ai résidé dix ans en Afrique noire pour ma profession et j'ai développé l'apiculture dans plusieurs Pays dont la centrafrique où ce fut une belle réussite, certainement la meilleure.

Jacques TURCHET
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# 23-06-2011 13:31
Bonjour Jacques,
Es ce que vous pouvez nous aider à ce propos d'api car nous rencontrons un grand problème de varroa en ce moment ici à Madagascar!Plus précisément sur Analamanga, merci de me répondre sur mon adresse
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# 19-08-2011 19:12
Bonjour,
Avez vous testé la kenyanne car moi j'envisage de le faire dans le nord .Cette ruche est bien ventilé naturel puisque c'est sur barette et pas en plaque de plus les abeilles de Mada plus petites sont en construction naturel
reforester en arbre mellifére
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# ravo 26-11-2011 17:24
Bonjour,

Peux tu me dire c uoi le Kenyanne? car j'ai jamais entendu dire ça.
Meilleures salutations.
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# Fitia Mamisoa 04-10-2011 09:43
j'aime
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