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Après différentes actions menées sous l’égide de l’ONG « ANTONGIL CONSERVATION », il est temps  maintenant de rédiger  un petit résumé sur notre action qui consistait et consiste toujours à  « Créer un petit rucher à Madagascar ».
Tous les travaux d’organisation ont  bien fonctionné, les Apiculteurs étaient présents, les conditions de travail bonnes, les ruches prêtes, les futurs apiculteurs « conquérants »……cependant, a manqué  à l’appel ; le comportement que nous pensions classique, des abeilles malgaches.
Ces demoiselles ressemblent à des abeilles, butinent comme des abeilles, piquent comme des abeilles (un peu moins) mais possèdent toutefois certains fonctionnements très différents.
Nous avons justement buttés sur ces fonctionnements.
Je ne veux pas réécrire par le menu toutes nos différentes actions dans le but d’enrucher des essaims, cela serait trop fastidieux.
Nous avons utilisé donc pour la circonstance des ruches Warré fabriquées sur place.
Les essaims ne se rencontrent pas comme chez nous pendus à une branche, mais souvent dans des troncs creux, cavités  dans le sol, voir tuyaux de gas-oil, cercueil même, etc…
Donc l’opération  ou plutôt les opérations consistaient à mettre ces insectes et les pains construits déjà dans des excavations …à l’intérieur de  nos ruches.
Nous avons dû adapter nos Warré à ces circonstances. Plus question de mettre des barrettes (Pour ceux qui connaissent la Warré). Sur  place nous avons fabriqué des cadres avec une espèce de laçage en fils de fer afin de  maintenir à la verticale les pains de cire prélevés dans les troncs.
Tout s’est très bien passé.
Nous avons réussi à remplir « provisoirement » nos ruches.  Tout ce petit monde est rentré assez facilement à l’intérieur.
Les ruches ensuite furent laissées à l’ombre près du lieu de cueillette.
Tous les essaims, je dis bien tous les essaims sont repartis, sans doute pour des raisons différentes. Raisons  que nous avons cherché à régler immédiatement.
Nous avons pensé….à l’odeur du bois …. Les ruches furent rapidement frottées à la feuille de patate douce courant  dans la région ….aucun résultat tangible si ce n’est un essaim qui est rentré spontanément mais qui repartait 2 jours plus tard.
Ruches, à l’ombre, en hauteur, différentes orientations, amorcées avec un peu de miel, un peu de cire…..
J’avais même apporté des phéromones de France…rien.
Pourtant plusieurs fois nous avons frisé la réussite.
Certains essaims sont restés plusieurs jours (environ 3) puis ont disparu en laissant la ruche dans un triste état. A savoir ;  la cire des rayons dévorée, les larves mangées, vidées mêmes,  le miel consommé. Il ne restait à l’intérieur, outre un amas de détruits, des milliers d’asticots.
Après étude effectuée dès  notre  retour il s’agissait de larves d’Aethina Tumida, insecte vivant de façon endémique avec les essaims à Madagascar.
Ce petit coléoptère se maintient  en petite quantité dans les ruches de façon permanente. Les essaims restent maitres de sa présence, mais sitôt qu’une faiblesse s’affiche, cet insecte se développe à la vitesse grand V.
Pour cette dernière raison l’abeille d’Antongil quitte sa ruche malgré la présence de couvain et de miel dès qu’elle se sent menacée par l’insecte. Sans une seconde d’hésitation  elle  reprend le chemin de la forêt et sa vie au creux d’un arbre.
Rapprochez-vous sur Internet du cycle évolutif d’ Æthina Tumida   http://www.inra.fr/opie-insectes/pdf/i134hauser.pdf .
J’en termine là avec l’enruchage de ces essaims sauvages.
Ne détenant pas la vérité,  je reste humble face à ce petit  échec, petit ou grand…échec tout de même et suis prêt à recevoir quelques leçons ou conseils d’autres apiculteurs  passés par là !
Il convient de poursuivre nos observations  plus sérieusement  encore, avec beaucoup de méthode, de rigueur….et de patience.
Une nouvelle approche de la situation  est nécessaire.
Dès notre départ de l’île, un jeune apiculteur savoyard Alex PIERRE souhaitant voyager un peu, tout en préparant un  diplôme en sciences,  s’est proposé pour venir plusieurs mois sur le magnifique site de l’ONG ANTONGIL CONSERVATION.
Là, il devait  affiner ses propres recherches, ce qu’il fît.
Son travail lui  permit de réussir ses diplômes, j’en  suis heureux pour lui, mais la tâche là-bas était  beaucoup plus importante que ce que nous tous imaginions. Ce travail correspond plus à un chercheur d’expérience et chevronné.
A l’heure où j’écris ces lignes  nous avons trouvé cette personne qui s’est manifestée spontanément en lisant les différents comptes-rendus sur le site ruche-apiculture.com.
Une équipe réduite mais pointue repartira plusieurs mois consécutifs  poursuivre les recherches, dès 2012.
- D’abord sur l’abeille elle-même dans toutes ses expressions….
- La flore butinée en détail suivant les saisons, les heures, etc.
- Les études des parasites et  des pollens.
Maintenant l’équipe est constituée… mais non définitive,   et les différents plans de travail rédigés.
D’autre part,  et cet aspect me tient beaucoup à cœur.
Au travers de  ces diverses expériences, plus une bonne connaissance de ce monde rural, je reste persuadé pour l’instant tout au moins  que de vouloir à tous prix  installer des essaims dans des ruches de type classique serait une erreur à très court terme.
Par contre, nous, nous devons dans l’immédiat maîtriser cette connaissance.
Avant toute chose, ne pas perdre de vue que les villageois de  Maroantsetra sont pauvres, très pauvres bien souvent et  vivotent au jour le jour.
Dans ces tristes conditions, un apiculteur malgache ne peut pas s’offrir une ruche comme nous l’entendons en France,  même si le bois ne lui coûtera rien ou presque, il sera obligé de faire travailler un menuisier à cause de la rareté du matériel, etc.., plus les fils, cadres, cire, extracteur…mission impossible si personne ne finance derrière les opérations. Si nous finançons « l’entreprise » elle ne sera pas viable de toute façon à long terme.
Une ruche semble assez bien convenir à la situation malgache, serait d’aider à travailler en Kenyane. Elle peut fonctionner très simplement comme leurs ruches traditionnelles  et  aussi de façon plus « alambiquée » à la façon de nos propres modèles de ruche. A suivre….
Toutes ces recherches, actions, etc. , ont comme but ; apporter un complément de revenu à des personnes démunies.
Loin de nous, de produire de  grands tonnages de miel destinés à l’exportation,  au travers de ruchers démesurés.
Tout d’abord suppléer au manque chronique de miel à Madagascar est un bel objectif.
A BIENTÔT SUR CE MÊME SITE COURANT 2012 et D’ICI LA, BONNE ANNEE

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